chant

La méditation chantée

 

Il existe trois types de chants :

les PRIERES des­tinées au bienfait de tous les êtres, les SOUTRAS et les MANTRAS.

 

Les paroles, sauf celles des mantras, sont une trans­lit­té­ration, avec une pro­non­ciation des mots chinois en coréen. Sur le plan pho­né­tique, chaque son a une signi­fi­cation com­plète qui peut pénétrer la conscience. C’est pourquoi les chants sont chantés comme des mantras, pour l’efficacité de leur sonorité. Paral­lè­lement des ensei­gne­ments expliquent la signi­fi­cation des paroles pour que leurs sens fassent aussi écho dans l’esprit et nous aident à appro­fondir la pratique.

 

 

La MEDITATION CHANTEE Par le Maître Zen Seung Sahn 

La médi­tation par le chant signifie garder un esprit immobil et per­cevoir le son de sa propre voix. Per­cevoir sa voix signifie per­cevoir son vrai moi ou véri­table nature. Alors le son et toi ne sont jamais séparés, ce qui signifie que l’univers tout entier et toi ne sont jamais séparés.

Ainsi per­cevoir notre vraie nature, c’est per­cevoir la sub­stance uni­ver­selle. En_mg_5859 chantant de façon régu­lière, le sen­timent d’être centré devient de plus en plus fort. Quand nous sommes puis­samment centrés, nous pouvons contrôler nos émotions, et ainsi notre condition et notre situation.

Dans nos centres Zen, les gens vivent ensemble et pra­tiquent ensemble. D’abord, ils arrivent avec de fortes opi­nions, il y a des choses qu’ils aiment et d’autres qu’ils n’aiment pas. Ensuite lorsque nous méditons cor­rec­tement en chantant, en per­cevant le son de notre propre voix et les voix autour, nos esprits deviennent clairs. Lorsque l’esprit est clair, il n’y a pas de sym­pathie ni d’antipathie ; il n’y a que le son de la voix. Fina­lement, nous réa­lisons que la médi­tation chantée n’est pas pra­tiquée pour notre propre plaisir, ni pour avoir d’agréables sen­sa­tions mais bien pour cla­rifier notre direction. Cette direction est de devenir clair et d’atteindre l’illumination afin de sauver de la souf­france tous les êtres.

Ainsi lorsque tu chantes, tu dois per­cevoir le son de ta voix : l’univers et toi, vous n’êtes qu’un, la souf­france dis­paraît, le vrai bonheur apparaît. On nomme cela le Nirvana ; ce qui veut dire que ton esprit est clair comme l’espace. Clair comme l’espace signifie clair comme un miroir. Le rouge apparaît, rouge. Le blanc apparaît, blanc. Quelqu’un est heureux, je suis heureux. Quelqu’un est triste, je suis triste. Quelqu’un a faim, donne-lui à manger. C’est ce qu’on appelle le grand Amour, la grande Com­passion, la grande voie du Bod­hi­sattva. Cela signifie aussi grande sagesse. C’est la médi­tation par le chant, le chant Zen.

Per­cevoir le son signifie que tout est le son uni­versel : les oiseaux qui chantent, le ton­nerre qui éclate, les chiens qui aboient - tout cela c’est le son uni­versel. Si tu fais abs­traction de l’esprit, tout sera perçu d’une façon juste. Par consé­quent, lorsque tu chantes en faisant abs­traction de l’esprit, c’est aussi le son uni­versel. Si tu as un moi, alors c’est "mon" son. Mais avec un esprit aussi clair que l’espace, parfois même le son d’un chien qui aboie ou celui d’un klaxon de voiture qui résonne, peut apporter l’illumination. Parce qu’à ce moment là, le son et toi ne font plus qu’un. Lorsque le son et toi ne font qu’un, tu n’écoutes pas le son, tu es le son. Un célèbre Maître Zen entendit tout sim­plement le son du chant du coq et atteignit l’illumination. Un autre Maître Zen, en balayant tout sim­plement la cour, pro­voqua le heurt d’une pierre contre une haie de bambou, et il atteignit l’illumination. Le son et lui ne fai­saient plus qu’un.

Ainsi cette question de son, dans la pra­tique Zen, est vraiment très simple. N’importe quel son fait l’affaire. Ce qui est important c’est de per­cevoir le son et de devenir un avec lui, sans dis­tinction aucune, sans dis­socier le moi du son. Durant l’instant de vraie per­ception, il n’y a pas de pensée, pas de sépa­ration ; seulement la per­ception du son. Ceci est le point crucial. Ainsi lorsque tu chantes, perçois ta propre voix et celle des autres, perçois sim­plement le son de la cloche ou le son du tambour, et tranche toute pensée. Alors ton esprit de sagesse grandira, tu atteindras l’illumination, et ainsi tu sau­veras tous les êtres.