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Le dialogue Zen, d’esprit à esprit…

ENTRETIENS INDIVIDUELS (kong An) AVEC LE VENERABLE MAITRE ZEN BON YO

TOUS LES PREMIERS ET TROISIEMES MERCREDIS SOIR DU MOIS, A 19h00

LE ZEN C’EST L’UNIFICATION. ICI ET MAINTENANT.

Tous les pre­miers et troi­sièmes mer­credis soir du mois, la pra­tique quo­ti­dienne est enrichie par l’entrevue (“Kong An”) avec le Véné­rable Maître Zen Bon Yo, ou l’un des Véné­rables Maîtres rési­dents ou hôtes.

Le programme de la Prtaique du mercredi soir :

19H00 Chant de la cloche du soir - 19H10 Chants des Mantras - 19H30 Médi­tation Zen (2×30 minutes) -------- Pendant la médi­tation Zen le Maître reçoit indi­vi­duel­lement, chaque pra­ti­quant en salle d’entrevue, pour un entretien formel de Kong An. - 20H40 Chant du Soutra du Coeur - Cloture -

Qu’est-ce que les “KONG AN” ?

Kong-​​an signifie Affaire publique, ou Document public. Il y a long­temps en Chine, à chaque fois que des docu­ments offi­ciels étaient recopiés, un chop, ou sceau était apposé sur la copie de façon à ce que la moitié du sceau soit sur l’original et l’autre moitié sur la copie. Afin de vérifier l’authenticité du document, les deux moitiés étaient accolées. Dans la tra­dition Zen, les kong-​​ans sont uti­lisés de la même façon, l’étudiant com­prend une moitié de la question qui cor­respond à la com­pré­hension qu’a l’enseignant de l’autre moitié. Lorsque l’étudiant et l’enseignant par­tagent la même com­pré­hension cela s’appelle « Trans­mission d’esprit à esprit. »

Alors, il y a environ 1500 ans, Bod­hid­harma a com­mencé à enseigner. Il voyagea d’Inde jusqu’en Chine où le Boud­dhisme était déjà arrivé quelques 300 ans aupa­ravant. Bod­hid­harma vit que les gens se conten­taient d’utiliser le Boud­dhisme et ses prières afin d’obtenir ce qu’ils convoi­taient, alors il se mit à enseigner de façon juste. Il y a une his­toire célèbre au sujet de sa pre­mière visite à l’Empereur Wu de Liang, en Chine du Sud, qui déclara à Bod­hid­harma qu’il avait construit d’innombrables temples, copié d’innombrables Soûtras et donné de quoi manger à d’innombrables moines. Alors il demanda à Bodhidharma :

« Quel grand mérite me revient ? », « Aucun mérite. » Alors l’Empereur demanda, « Quel est le sens le plus élevé des saintes vérités ? » « Pas de sainteté est clair comme l’espace. » L’Empereur était des plus per­plexe. « Qui est en face de moi ? », demanda-​​t-​​il. Bod­hid­harma répondit « Ne sais pas. »

Ensuite Bod­hid­harma se rendit au nord de la Chine, où il y avait plu­sieurs temples célèbres, mais il les évita tous et s’assit dans une grotte près de Sorim, en chinois Shaolin, face au mur. Après neuf années, un homme du nom de Hui Ko vint le voir dans sa grotte et il dit :

« S’il-vous-plaît, enseignez-​​moi le Dharma. » Bod­hid­harma répondit, « Même si je te le disais, tu ne me croirais pas. » Alors Hui Ko se trancha un bras afin de prouver sa sin­cérité. « Oh Maître, la douleur est atroce ! Mon esprit éprouve une souf­france hor­rible ! S’il vous plaît, apaisez mon esprit. » « Donne-​​moi ton esprit et je l’apaiserai. » « Je ne peux pas le trouver. » Bod­hid­harma répondit, « J’ai déjà apaisé ton esprit. »

A ces mots, Hui Ko atteignit l’illumination, et devint le deuxième Patriarche. C’était le premier ensei­gnement Zen : La Trans­mission d’Esprit à Esprit. Le chan­gement radical suivant vint avec le Sixième Patriarche, qui enseigna : « Si tu ne crées pas de cause, tu n’auras pas d’effet, alors ne crée rien. » Il devint célèbre grâce à ce genre d’enseignements très simples. Un jour deux moines regar­daient un drapeau qui flottait dans le vent. Ils se dis­pu­taient pour savoir ce qui bou­geait, le drapeau ou le vent. Le Sixième Patriarche les entendit par hasard et dit, « Ni le drapeau, ni le vent ne bougent. Ce qui bouge c’est vos esprits. »

Alors cette nou­velle question, - « Qu’est-ce que l’esprit ? » - devint une source d’inspiration pour les moines Zen. Plu­sieurs ques­tions furent sou­levées par de telles his­toires, comme, « Qu’est-ce que la vie ? », « Qu’est-ce que la mort ? », « Qu’est-ce que l’esprit ? ». Toutes ces ques­tions devinrent des kong-​​ans, et les gens com­men­cèrent à les uti­liser dans leur propre pra­tique. Lorsqu’un étudiant venait à lui, le Sixième Patriarche lui demandait :

« D’où viens-​​tu ? Quel genre de chose vient ici ? », « Ne sais pas. » répondait l’étudiant.

Ceci est à l’origine du kong-​​an « Que suis-​​je ? » C’est avec cette même question que le Bouddha pra­tiqua pendant six ans. Le Bouddha, Bod­hid­harma, et le Sixième Patriarche se posaient tous la même question, « Que suis-​​je ? » et tous répon­daient « Ne sais pas. » Ceci est à l’origine de la pra­tique du kong-​​an.

Plus tard, plu­sieurs écoles se mirent en place et bien entendu, des tech­niques variées se déve­lop­pèrent dans chaque école. Un petit garçon de la cam­pagne demanda un jour au Hui­tième Patriarche, « Ma Jo, qu’est-ce que Bouddha ? », Ma Jo répondit, « L’esprit est le Bouddha, le Bouddha est l’esprit. » Plus tard il répondit au petit garçon qui lui posait la même question, « Pas d’esprit, pas de Bouddha. » Alors qu’auparavant l’enseignement était simple, il y avait désormais plu­sieurs styles intel­lec­tuels, et ainsi une sorte de « combat-​​de-​​mots », ou « combat de Dharma » apparut. Ainsi, nous avons deux célèbres recueils de Kong-​​an tels que, « Le Recueil de le Falaise Bleue », et le « Mumon Kwan ».

Le Zen apparut plus énig­ma­tique aux gens ordi­naires. La pra­tique du Zen et la vie de tous les jours se dis­so­cièrent davantage. Les gens ne pou­vaient pas com­prendre des dires aussi ésoté­riques que, « Le poulet en bois pleure, le tigre de pierre vole dans le ciel. » ou « Vois-​​tu les cornes du lapin ? » Le Zen devint une pra­tique exclu­si­vement réservée à l’élite. Il fallait tou­jours chercher le sens caché, parce que les mots en soi n’avaient aucun sens. Ce style se per­pétua pendant quelques temps, jusqu’à ce qu’on revienne à un style plus direct. « Qu’est-ce que le Boud­dhisme ? » avait pour réponse, « Le Prin­temps arrive, l’herbe pousse d’elle-même ». Ainsi, bien que le Zen ait cultivé dif­fé­rents types de réponses à ces ques­tions fon­da­men­tales, toutes indi­quaient pré­ci­sément la vérité.

Aupa­ravant les moines et les nonnes pas­saient leur vie entière dans les mon­tagnes à pra­tiquer exclu­si­vement le Zen. Atteindre la vérité suf­fisait. La fonction juste de la vérité n’était pas néces­saire parce qu’ils n’avaient pas de contact avec la société. Mais la plupart des gens aujourd’hui ont des vies bien rem­plies par leur famille et leur travail - alors connecter le Zen avec la vie de tous les jours est devenu un sujet très important. Afin d’atteindre votre être véri­table, ce qui est pri­mordial, c’est une vie juste ; laissez tout tomber, ne créez rien, et soyez dans la situation juste, la relation juste, et la fonction juste. Agissez sim­plement. Si vous pra­tiquez de cette façon, vous avez déjà atteint votre être véri­table. Mais si vous n’y croyez pas, alors il faut continuer d’essayer. Alors la réa­li­sation juste et la fonction juste sur­vien­dront au même moment. Ceci est une sorte de révo­lution Zen.

Par le passé, la pra­tique des kong-​​ans per­mettait de vérifier l’illumination de quelqu’un. Main­tenant nous uti­lisons les kong-​​ans pour cor­riger nos vies. C’est dif­férent de l’utilisation tra­di­tion­nelle du kong-​​an dont nous avons parlé aupa­ravant. Que les réponses soient justes ou non, n’a pas d’importance - seul importe comment vous pouvez uti­liser les kong-​​ans dans la vie de tous les jours.

Kwan Um signifie « per­cevoir le son du monde ». Cela veut dire per­cevoir notre vraie nature. En même temps per­cevoir le son signifie per­cevoir que beaucoup, beaucoup d’êtres souffrent. Si vous pouvez entendre le son de la souf­france, alors aider devient à la fois pos­sible et néces­saire. C’est la voie du Bod­hi­sattva. Aider les autres, c’est notre pra­tique et notre tâche. La pra­tique juste ne consiste pas seulement à atteindre l’illumination, mais davantage à découvrir la fonction de l’illumination. Ainsi le kong-​​an est seulement une tech­nique pour vous enseigner comment le réa­liser. Ne soyez pas attachés aux réponses justes ou pas justes. Vous devez uti­liser les kong-​​ans afin de vous débar­rasser de vos opi­nions. Quand vous vous débar­rassez de vos opi­nions, votre esprit est clair comme l’espace, ce qui signifie que instant après instant vous pouvez refléter toute situation et répondre de façon juste et précise.

Il y a des gens qui demandent, « Quel est le meilleur moyen de tra­vailler sur les kong-​​ans ? » Un grand Maître a dit un jour, « Les dix milles ques­tions ne sont qu’une seule question. » Pra­tiquer avec une seule question signifie allez tout droit, « ne sais pas ». Faites-​​le. Si vous êtes attaché à un kong-​​an, vous aurez un gros pro­blème ; c’est une sorte de « maladie » zen. Un kong-​​an est seulement un doigt qui indique la lune. Si vous êtes attaché au doigt, vous ne pouvez pas per­cevoir la lune. La chose la plus impor­tante c’est votre direction. Cette direction est « Ne sais pas ».

L’ancien style de pra­tique consistait à aller dans les mon­tagnes, à se couper du monde exté­rieur, et à sim­plement tra­vailler sur un kong-​​an, quelque fois pendant des années. Notre style de pra­tique consiste à apprendre comment fonc­tionner de façon juste dans la vie de tous les jours à travers la pra­tique des kong-​​ans. Ainsi, lorsque vous faites quelque chose, faites-​​le sim­plement. Quand vous vous contentez de faire, il n’y a pas de pensée - pas de sujet, et pas d’objet. L’intérieur et l’extérieur deviennent un. C’est la pra­tique cor­recte du kong-​​an - sim­plement le faire. La vie de tous les jours, minute après minute est notre kong-​​an. Notre révo­lution Zen.



P.-S.

Pour tout ren­sie­gnement vous pouvez contacter l’Abbé du Centre Zen Kwan Um de Paris.

Federico 06.98.84.89.35 federico@​kwanumzen.​fr

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