La méditation par le chant signifie garder un esprit immobil et percevoir le son de sa propre voix. Percevoir sa voix signifie percevoir son vrai moi ou véritable nature. Alors le son et toi ne sont jamais séparés, ce qui signifie que l’univers tout entier et toi ne sont jamais séparés.
Ainsi percevoir notre vraie nature, c’est percevoir la substance universelle. En chantant de façon régulière, le sentiment d’être centré devient de plus en plus fort. Quand nous sommes puissamment centrés, nous pouvons contrôler nos émotions, et ainsi notre condition et notre situation.
Dans nos centres Zen, les gens vivent ensemble et pratiquent ensemble. D’abord, ils arrivent avec de fortes opinions, il y a des choses qu’ils aiment et d’autres qu’ils n’aiment pas. Ensuite lorsque nous méditons correctement en chantant, en percevant le son de notre propre voix et les voix autour, nos esprits deviennent clairs. Lorsque l’esprit est clair, il n’y a pas de sympathie ni d’antipathie ; il n’y a que le son de la voix. Finalement, nous réalisons que la méditation chantée n’est pas pratiquée pour notre propre plaisir, ni pour avoir d’agréables sensations mais bien pour clarifier notre direction. Cette direction est de devenir clair et d’atteindre l’illumination afin de sauver de la souffrance tous les êtres.
Ainsi lorsque tu chantes, tu dois percevoir le son de ta voix : l’univers et toi, vous n’êtes qu’un, la souffrance disparaît, le vrai bonheur apparaît. On nomme cela le Nirvana ; ce qui veut dire que ton esprit est clair comme l’espace. Clair comme l’espace signifie clair comme un miroir. Le rouge apparaît, rouge. Le blanc apparaît, blanc. Quelqu’un est heureux, je suis heureux. Quelqu’un est triste, je suis triste. Quelqu’un a faim, donne-lui à manger. C’est ce qu’on appelle le grand Amour, la grande Compassion, la grande voie du Bodhisattva. Cela signifie aussi grande sagesse. C’est la méditation par le chant, le chant Zen.
Percevoir le son signifie que tout est le son universel : les oiseaux qui chantent, le tonnerre qui éclate, les chiens qui aboient - tout cela c’est le son universel. Si tu fais abstraction de l’esprit, tout sera perçu d’une façon juste. Par conséquent, lorsque tu chantes en faisant abstraction de l’esprit, c’est aussi le son universel. Si tu as un moi, alors c’est "mon" son. Mais avec un esprit aussi clair que l’espace, parfois même le son d’un chien qui aboie ou celui d’un klaxon de voiture qui résonne, peut apporter l’illumination. Parce qu’à ce moment là, le son et toi ne font plus qu’un. Lorsque le son et toi ne font qu’un, tu n’écoutes pas le son, tu es le son. Un célèbre Maître Zen entendit tout simplement le son du chant du coq et atteignit l’illumination. Un autre Maître Zen, en balayant tout simplement la cour, provoqua le heurt d’une pierre contre une haie de bambou, et il atteignit l’illumination. Le son et lui ne faisaient plus qu’un.
Ainsi cette question de son, dans la pratique Zen, est vraiment très simple. N’importe quel son fait l’affaire. Ce qui est important c’est de percevoir le son et de devenir un avec lui, sans distinction aucune, sans dissocier le moi du son. Durant l’instant de vraie perception, il n’y a pas de pensée, pas de séparation ; seulement la perception du son. Ceci est le point crucial. Ainsi lorsque tu chantes, perçois ta propre voix et celle des autres, perçois simplement le son de la cloche ou le son du tambour, et tranche toute pensée. Alors ton esprit de sagesse grandira, tu atteindras l’illumination, et ainsi tu sauveras tous les êtres.
Un dimanche soir, après une causerie sur le Dharma, au Centre Chogye International Zen de New York, un étudiant demanda au Maître Zen Seung Sahn, “Pourquoi chantons-nous ? N’est- il pas suffisant de s’asseoir en Zen ?”
Le Maître Zen Seung Sahn répondit, “C’est une question très importante. Nous nous prosternons ensemble, nous chantons ensemble, nous mangeons ensemble, nous nous asseyons ensemble et faisons nombre d’autres choses ensemble, ici au Centre Zen. Pourquoi pratiquons-nous ensemble ?
“Nous avons tous un karma différent. Ainsi tous, nous sommes dans des situations différentes, de condition différente, avec des opinions différentes. Certains sont moines, d’autres étudiants, ou travaillent dans une usine ; certains gardent toujours un esprit lucide, d’autres sont souvent troublés ou insatisfaits ; certains aiment les gestes des femmes, d’autres pas. Mais tous pensent “Mon opinion est juste !” Même les Maîtres Zen sont ainsi. Dix Maîtres Zen auront dix façons différentes d’enseigner, et chaque Maître Zen croira que sa façon est la meilleure. Les américains pensent en américains ; les orientaux, pensent en orientaux. Les différentes opinions ont pour résultat des actions différentes, ce qui provoque un karma différent. Ainsi, lorsque tu t’accroches à ta propre opinion, il est très difficile de contrôler ton karma, et ta vie demeurera difficile. Tu as toujours de fausses opinions, par conséquent tu as toujours un mauvais karma. Mais dans nos Centres Zen, nous vivons ensemble et nous pratiquons ensemble et tous nous respectons les Règles du Temple. Les gens viennent à nous avec des goûts et des aversions multiples, et peu a peu ils les abandonnent complètement. Tous, nous nous prosternons ensemble 108 fois le matin, nous nous asseyons ensemble, nous mangeons tous ensemble, tous ensemble nous travaillons. Parfois nous n’avons pas envie de nous prosterner, mais c’est la Règles du Temple, alors nous nous prosternons. Parfois nous n’avons pas envie de chanter, mais nous chantons. Parfois nous sommes fatigués et avons envie de dormir ; mais nous savons que si nous n’allons pas nous asseoir, les autres se demanderont pourquoi ; alors tu t’assois.
“Lorsque nous mangeons, nous mangeons de façon rituelle, avec quatre bols et après avoir mangé, nous lavons nos bols avec du thé, en nous servant de notre index afin de les nettoyer. Les quelques premières fois que nous mangons ainsi, personne n’aime ça. Quelqu’un du Centre Zen de Cambridge est venu à moi très perturbé, “Je ne supporte pas de manger ainsi ! Le thé devient tout souillé ! Je ne peux le boire !” Je lui ai répondu, “Connais-tu le Sutra du Coeur ? “Oui”. “Alors pourquoi ne peux-tu boire le thé ?” “Parce qu’il est dégoûtant !” (rires de l’audience.) “Pourquoi est-il dégoûtant ? Ces résidus proviennent d’une nourriture que tu déjà mangé. Si tu penses que le thé est sale, alors il est sale. Si tu penses que le thé est propre alors, il est propre !” Il répondit, “Vous avez raison. Je boirai le thé.” (rires. )
“Ainsi nous vivons ensemble et agissons ensemble. Agir ensemble c’est abandonner sa condition, abandonner sa situation. Alors nous devenons un esprit vide. Nous redevenons du papier vierge. Alors notre véritable opinion, notre véritable condition, notre véritable situation se révélera. Lorsque nous nous prosternons ensemble et que nous chantons ensemble et mangeons ensemble, nos esprits deviennent un esprit. C’est comme sur la mer. Lorsque le vent survient, il y a de multiples vagues. Lorsque le vent se calme, l’eau devient un miroir dans lequel tout se reflète : les montagnes, les arbres, les nuages. Notre esprit est pareil. Lorsque nous éprouvons de multiples désirs, opinions, il y a de multiples vagues. Mais après s’être assis en Zen et avoir agit ensemble pendant quelques temps, nos opinions et nos désirs disparaissent. Les vagues deviennent de plus en plus petites. Alors notre esprit est comme un miroir, et tout ce que nous voyons ou entendons ou sentons ou goûtons ou touchons ou pensons est la vérité. Alors, il est très facile de comprendre l’esprit des autres. Leurs esprits se reflètent dans mon esprit.
“Ainsi, il est important de chanter. Tout d’abord tu ne comprends pas. Mais après l’avoir fait régulièrement tu comprendras. “Ah, chanter - quel bon sentiment ! Il en est de même pour les 108 prosternations. D’abord on n’aime pas ça. Pourquoi nous prosternons-nous ? Nous ne nous adressons pas à Bouddha, nous nous prosternons devant nous-mêmes. Le Petit Moi se prosterne devant le Grand Moi. Alors le Petit Moi s’efface et devient le Grand Moi. C’est la véritable prosternation. Alors, viens pratiquer avec nous et tu comprendras bientôt.
L’étudiant se prosterna et dit, “Merci beaucoup.”
Kong-an signifie Affaire publique, ou Document public. Il y a longtemps en Chine, à chaque fois que des documents officiels étaient recopiés, un chop, ou sceau était apposé sur la copie de façon à ce que la moitié du sceau soit sur l’original et l’autre moitié sur la copie. Afin de vérifier l’authenticité du document, les deux moitiés étaient accolées. Dans la tradition Zen, les kong-ans sont utilisés de la même façon, l’étudiant comprend une moitié de la question qui correspond à la compréhension qu’a l’enseignant de l’autre moitié. Lorsque l’étudiant et l’enseignant partagent la même compréhension cela s’appelle "Transmission d’esprit à esprit."
A l’origine, il n’y avait pas de pratique du kong-an. Le Bouddha est né et a atteint l’illumination. Il enseigna à ses étudiants que tout est impermanent, que le désir, la colère, et l’ignorance génèrent la souffrance ; il a aussi enseigné comment se libérer de la souffrance et atteindre le Nirvana. Il n’y avait pas d’écrits et pas beaucoup de débats, seulement la pratique de la méditation. A la mort du Bouddha, ses disciples se rencontrèrent à quatre reprises afin d’écrire ce qu’il avait enseigné. Ces écrits, nommés les Soutras, n’ont pas été écrits par le Bouddha, tout comme les Evangiles n’ont pas été écrits par Jésus. Ce sont les mots des disciples. Dans les années qui suivirent, les disciples ont débattu au sujet de ce que le Bouddha avait réellement enseigné : "Le Bouddha a enseigné ceci, le Bouddha a enseigné cela." L’étude du Bouddhisme prit plus d’importance que la pratique. Et aussi, des sectes inhérentes au Bouddhisme se querellèrent.
Alors, il y a environ 1500 ans, Bodhidharma a commencé à enseigner. Il voyagea d’Inde jusqu’en Chine où le Bouddhisme était déjà arrivé quelques 300 ans auparavant. Bodhidharma vit que les gens se contentaient d’utiliser le Bouddhisme et ses prières afin d’obtenir ce qu’ils convoitaient, alors il se mit à enseigner de façon juste. Il y a une histoire célèbre au sujet de sa première visite à l’Empereur Wu de Liang, en Chine du Sud, qui déclara à Bodhidharma qu’il avait construit d’innombrables temples, copié d’innombrables Soûtras et donné de quoi manger à d’innombrables moines. Alors il demanda à Bodhidharma :
"Quel grand mérite me revient ?", "Aucun mérite." Alors l’Empereur demanda, "Quel est le sens le plus élevé des saintes vérités ?" "Pas de sainteté est clair comme l’espace." L’Empereur était des plus perplexe. "Qui est en face de moi ?", demanda-t-il. Bodhidharma répondit "Ne sais pas."
Ensuite Bodhidharma se rendit au nord de la Chine, où il y avait plusieurs temples célèbres, mais il les évita tous et s’assit dans une grotte près de Sorim, en chinois Shaolin, face au mur. Après neuf années, un homme du nom de Hui Ko vint le voir dans sa grotte et il dit :
"S’il-vous-plaît, enseignez-moi le Dharma." Bodhidharma répondit, "Même si je te le disais, tu ne me croirais pas." Alors Hui Ko se trancha un bras afin de prouver sa sincérité. "Oh Maître, la douleur est atroce ! Mon esprit éprouve une souffrance horrible ! S’il vous plaît, apaisez mon esprit." "Donne-moi ton esprit et je l’apaiserai." "Je ne peux pas le trouver." Bodhidharma répondit, "J’ai déjà apaisé ton esprit."
A ces mots, Hui Ko atteignit l’illumination, et devint le deuxième Patriarche. C’était le premier enseignement Zen : La Transmission d’Esprit à Esprit. Le changement radical suivant vint avec le Sixième Patriarche, qui enseigna : " Si tu ne crées pas de cause, tu n’auras pas d’effet, alors ne crée rien." Il devint célèbre grâce à ce genre d’enseignements très simples. Un jour deux moines regardaient un drapeau qui flottait dans le vent. Ils se disputaient pour savoir ce qui bougeait, le drapeau ou le vent. Le Sixième Patriarche les entendit par hasard et dit, " Ni le drapeau, ni le vent ne bougent. Ce qui bouge c’est vos esprits."
Alors cette nouvelle question, - "Qu’est-ce que l’esprit ?" - devint une source d’inspiration pour les moines Zen. Plusieurs questions furent soulevées par de telles histoires, comme, "Qu’est-ce que la vie ?", "Qu’est-ce que la mort ?", "Qu’est-ce que l’esprit ?". Toutes ces questions devinrent des kong-ans, et les gens commencèrent à les utiliser dans leur propre pratique. Lorsqu’un étudiant venait à lui, le Sixième Patriarche lui demandait :
"D’où viens-tu ? Quel genre de chose vient ici ?", "Ne sais pas." répondait l’étudiant.
Ceci est à l’origine du kong-an "Que suis-je ?" C’est avec cette même question que le Bouddha pratiqua pendant six ans. Le Bouddha, Bodhidharma, et le Sixième Patriarche se posaient tous la même question, "Que suis-je ?" et tous répondaient "Ne sais pas." Ceci est à l’origine de la pratique du kong-an.
Plus tard, plusieurs écoles se mirent en place et bien entendu, des techniques variées se développèrent dans chaque école. Un petit garçon de la campagne demanda un jour au Huitième Patriarche, "Ma Jo, qu’est-ce que Bouddha ?", Ma Jo répondit, "L’esprit est le Bouddha, le Bouddha est l’esprit." Plus tard il répondit au petit garçon qui lui posait la même question, "Pas d’esprit, pas de Bouddha." Alors qu’auparavant l’enseignement était simple, il y avait désormais plusieurs styles intellectuels, et ainsi une sorte de "combat-de-mots", ou "combat de Dharma" apparut. Ainsi, nous avons deux célèbres recueils de Kong-an tels que, "Le Recueil de le Falaise Bleue", et le "Mumon Kwan".
Le Zen apparut plus énigmatique aux gens ordinaires. La pratique du Zen et la vie de tous les jours se dissocièrent davantage. Les gens ne pouvaient pas comprendre des dires aussi ésotériques que, "Le poulet en bois pleure, le tigre de pierre vole dans le ciel." ou "Vois-tu les cornes du lapin ?" Le Zen devint une pratique exclusivement réservée à l’élite. Il fallait toujours chercher le sens caché, parce que les mots en soi n’avaient aucun sens. Ce style se perpétua pendant quelques temps, jusqu’à ce qu’on revienne à un style plus direct. "Qu’est-ce que le Bouddhisme ?" avait pour réponse, "Le Printemps arrive, l’herbe pousse d’elle-même". Ainsi, bien que le Zen ait cultivé différents types de réponses à ces questions fondamentales, toutes indiquaient précisément la vérité.
Auparavant les moines et les nonnes passaient leur vie entière dans les montagnes à pratiquer exclusivement le Zen. Atteindre la vérité suffisait. La fonction juste de la vérité n’était pas nécessaire parce qu’ils n’avaient pas de contact avec la société. Mais la plupart des gens aujourd’hui ont des vies bien remplies par leur famille et leur travail - alors connecter le Zen avec la vie de tous les jours est devenu un sujet très important. Afin d’atteindre votre être véritable, ce qui est primordial, c’est une vie juste ; laissez tout tomber, ne créez rien, et soyez dans la situation juste, la relation juste, et la fonction juste. Agissez simplement. Si vous pratiquez de cette façon, vous avez déjà atteint votre être véritable. Mais si vous n’y croyez pas, alors il faut continuer d’essayer. Alors la réalisation juste et la fonction juste surviendront au même moment. Ceci est une sorte de révolution Zen.
Par le passé, la pratique des kong-ans permettait de vérifier l’illumination de quelqu’un. Maintenant nous utilisons les kong-ans pour corriger nos vies. C’est différent de l’utilisation traditionnelle du kong-an dont nous avons parlé auparavant. Que les réponses soient justes ou non, n’a pas d’importance - seul importe comment vous pouvez utiliser les kong-ans dans la vie de tous les jours.
Kwan Um signifie "percevoir le son du monde". Cela veut dire percevoir notre vraie nature. En même temps percevoir le son signifie percevoir que beaucoup, beaucoup d’êtres souffrent. Si vous pouvez entendre le son de la souffrance, alors aider devient à la fois possible et nécessaire. C’est la voie du Bodhisattva. Aider les autres, c’est notre pratique et notre tâche. La pratique juste ne consiste pas seulement à atteindre l’illumination, mais davantage à découvrir la fonction de l’illumination. Ainsi le kong-an est seulement une technique pour vous enseigner comment le réaliser. Ne soyez pas attachés aux réponses justes ou pas justes. Vous devez utiliser les kong-ans afin de vous débarrasser de vos opinions. Quand vous vous débarrassez de vos opinions, votre esprit est clair comme l’espace, ce qui signifie que instant après instant vous pouvez refléter toute situation et répondre de façon juste et précise.
Il y a des gens qui demandent, "Quel est le meilleur moyen de travailler sur les kong-ans ?" Un grand Maître a dit un jour, "Les dix milles questions ne sont qu’une seule question." Pratiquer avec une seule question signifie allez tout droit, "ne sais pas". Faites-le. Si vous êtes attaché à un kong-an, vous aurez un gros problème ; c’est une sorte de "maladie" zen. Un kong-an est seulement un doigt qui indique la lune. Si vous êtes attaché au doigt, vous ne pouvez pas percevoir la lune. La chose la plus importante c’est votre direction. Cette direction est "Ne sais pas".
L’ancien style de pratique consistait à aller dans les montagnes, à se couper du monde extérieur, et à simplement travailler sur un kong-an, quelque fois pendant des années. Notre style de pratique consiste à apprendre comment fonctionner de façon juste dans la vie de tous les jours à travers la pratique des kong-ans. Ainsi, lorsque vous faites quelque chose, faites-le simplement. Quand vous vous contentez de faire, il n’y a pas de pensée - pas de sujet, et pas d’objet. L’intérieur et l’extérieur deviennent un. C’est la pratique correcte du kong-an - simplement le faire. La vie de tous les jours, minute après minute est notre kong-an. Notre révolution Zen.
LA SALLE DE DHARMA
Quand vous entrez ou sortez, joignez vos mains et saluez en direction de l’autel.
Quand vous vous déplacez, marchez toujours derrière les pratiquants, et le long des tapis de méditation (ne traversez jamais la salle en diagonale).
Saluez debout devant votre tapis de méditation avant de vous asseoir.
Gardez le livre de chant sur le tapis de méditation et non sur le sol.
Gardez le silence.
Aidez les nouveaux arrivants.
Laissez les enseignants et les moines quitter la salle en premier.
LES PROSTERNATIONS
108 prosternations sont faites pendant la pratique quotidienne du matin et lors des retraites.
Suivez le responsable.
Si vous avez des difficultés avec cette pratique, vous pouvez, à la place des prosternations, faire des salutations debout.
Vous pouvez faire de même pour les prosternations pendant les chants.
LE CHANT
Pendant les chants suivez le Moktak (instrument utilisé pour le rythme).
Maintenez le livre de chant entre vos mains jointes en prière.
LA MEDITATION ASSISE- 30 ou 40 min.
Le début et la fin de la méditation sont signalés par trois coups donnés avec un instrument en bois (chukpi).
Vous pouvez vous asseoir dans différentes positions : lotus, demi-lotus, birmane, style japonais, utiliser un petit banc ou une chaise.
Ne bougez pas pendant la méditation.
Si vous avez un problème quelconque avec le corps ou si vous souhaitez changer de position,saluez et levez-vous ; poursuivez la méditation debout, et lorsque vous êtes prêts, saluez à nouveau et, silencieusement, asseyez-vous.
Gardez vos yeux à moitié ouverts, le regard dirigé vers le sol dans un angle de 45 degrés.
Gardez votre dos droit.
Gardez vos mains en mudra de méditation avec la main gauche sur la droite et les pouces se touchant légèrement.
Restez calme.
Ne laissez pas vos pieds dépasser du tapis de méditation.
Ne quittez la salle pendant la méditation qu’en cas d’urgence.
LA MEDITATION EN MARCHE
Lorsqu’il y a deux périodes d’assise ou plus, il y a une méditation marchée entre chacune.
Après un signal du Chukpi, levez-vous et mettez vous en file indienne avec les autres en suivant le responsable.
Pendant la marche gardez vos mains croisées sur le plexus solaire.
Marchez à la même vitesse que les autres, en maintenant une courte distance avec la personne devant vous.
Vous pouvez quitter la salle de Dharma pendant la méditation marchée pour un court moment
(toilette, thé etc.) ou pour abandonner la pratique.
Retirez votre robe avant d’entrer aux toilettes.
Quand vous revenez dans la salle de Dharma, attendez jusqu’à ce que la file passe devant vous et reprenez la même place que celle que vous occupiez précédemment.
"Un coup" de Chukpi donne le signal de la fin de la méditation marchée - celui-ci signifie : Arrêtez-vous derrière votre tapis de méditation. Au coup suivant, asseyez-vous. C’est le signal du début de la prochaine période de méditation assise
LA PRATIQUE DU KONG-AN
Enseignement personnel entre Maître et élève.
Lorsque vous entrez dans la salle d’interview, saluez debout, approchez-vous du tapis de méditation, et faites une prosternation complète.
Asseyez-vous en posture de méditation, et l’interview peut commencer.
Vous pouvez poser des questions si vous le souhaitez.
Ayez l’esprit attentif pendant l’enseignement.
Une fois que l’enseignant vous signale la fin de l’entrevue, faites à nouveau une prosternation complète et quittez la pièce en saluant debout au niveau de la porte. Ne tournez jamais le dos à l’enseignant.
CONFERENCES
Essayez d’y être présents le plus souvent possible. Gardez l’esprit ouvert et si vous avez une question à poser, choisissez le moment opportun ; Ne vous attachez pas aux mots.
TITRES
Le Maître Zen Seung Sahn, le fondateur et patriarche de l’école Zen Kwan Um était appelé, quand on lui adressait la parole, "Dae Soen Sa Nim", ce qui signifie "Vénérable Grand Maître Zen".
Le Maître Zen Wu Bong comme les autres Maîtres Zen, devrait être appelé - "Soen Sa Nim", ce qui signifie "Vénérable Maître Zen".
Le Maître de Dharma Grazyna Perl, comme tous les Maîtres de Dharma, devrait être appelé -"Ji Do Poep Sa Nim", ou simplement "Poep Sa Nim", ce qui signifie "Maître de Dharma" littéralement : celui qui montre le chemin.
Pour les Moines et les Nonnes, le nom de Dharma suivi de Su Nim ou simplement "Su Nim", signifiant "Vénérable moine ou nonne".
MATERIEL
Des livres, bulletins et revues peuvent être achetés au centre zen.
Des pantalons, des robes et des coussins de pratique, peuvent également être achetés au centre zen.
PROGRAMME Les personnes participent au programme dans sa totalité. Si vous êtes malade ou avez un autre empêchement qui vous oblige à manquer une partie du programme de la pratique, vous pouvez prévenir l’enseignant principal du Dharma. Il est responsable de la Salle du Dharma et de la pratique formelle.
PROGRAMME DE LA PRATIQUE Les entrevues se déroulent pendant les périodes d’assise et de chant, selon les instructions données par la personne qui mène la retraite.
05 :15 - Réveil05 :30 - 108 Prosternations06 :00 - Méditation Zen (2X30 mns)07 :10 - Chant de la Cloche du Matin et Chants Quotidiens08 :00 - Petit Déjeuner09 :00 - Temps de travail11 :00 - Méditation (3X30 mns)13 :00 - Déjeuner14 :00 - 108 Prosternations14 :30 - Méditation (3X30 mns)17 :00 - Dîner18 :30 - Chants Spéciaux19 :00 - Chants Quotidiens19 :30 - Méditation (3X30 mns)21 :30 - Deux Soûtras22 :00 - Le Silence de la Nuit
LA SALLE DU DHARMA Tout le monde contribue à maintenir une atmosphère tranquille dans la Salle du Dharma. S’il vous plaît ne bougez pas durant le temps de l’assise. Si vous somnolez ou si vous avez mal aux jambes, vous pouvez vous incliner assis et ensuite vous lever discrètement et vous tenir debout derrière votre coussin, les mains en hapchang (mains jointes devant le plexus). Avant de vous asseoir à nouveau, faites une prosternation debout, et installez-vous discrètement.
ENTRER ET SORTIR Lorsque vous entrez dans la Salle du Dharma ou que vous en sortez, arrêtez-vous juste à l’entrée, faites une prosternation face au Bouddha. Pendant la période durant laquelle l’on est assis, n’entrez ou ne sortez de la Salle du Dharma qu’en cas d’urgence. Si vous êtes en retard, asseyez-vous sur un coussin à l’extérieur de la Salle du Dharma, jusqu’au signal donné par le chukpi et entrez pendant la méditation marchée. Vous pouvez entrer dans la Salle du Dharma pendant les prosternations et entre deux chants. Pendant la méditation marchée, vous pouvez sortir afin de vous rendre aux toilettes, marchez dans la file jusqu’à ce que vous arriviez près de la porte, ensuite prosternez-vous et sortez. Lorsque vous entrez à nouveau, vous pouvez retourner jusqu’à votre place en vous réincorporant dans la file, ou vous pouvez attendre jusqu’à ce que tout le monde se tienne debout derrière son tapis de méditation et retourner rapidement à votre place.
ENTREVUES Durant la retraite tout le monde participe à, au moins, une entrevue par jour avec l’enseignant. Celui-ci aide les participants dans leur pratique individuelle et répond aux questions. L’ordre dans lequel se déroulent les entrevues est le suivant : le Maître de cuisine et son aide, le Maître de moktak, puis les retraitants dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, et enfin l’Enseignant Principal du Dharma. Lorsque votre tour arrive, prosternez-vous, levez-vous et quittez immédiatement la Salle du Dharma en vous prosternant à nouveau à la porte. Allez dans la pièce des entrevues, ouvrez la porte et prosternez-vous debout face à l’enseignant, fermez la porte, puis tenez-vous derrière le coussin, faites une prosternation debout, puis une prosternation à genoux, et enfin une prosternation debout. Ensuite asseyez-vous. La démarche est la même en sens inverse lorsque vous sortez. Lorsque l’entrevue est terminée, rentrez immédiatement après dans la Salle du Dharma, afin que la personne suivante sache que c’est son tour, dans ce cas il n’est pas nécessaire d’attendre la fin de la méditation pour entrer. Si vous ne désirez pas d’entrevue, lorsque votre tour arrive, joignez vos mains en hapchang afin que la personne qui suit comprenne qu’elle peut y aller.
L’ENSEIGNANT PRINCIPAL DU DHARMA Si vous avez des questions ou des problèmes lorsque les entrevues ne sont pas programmées, parlez-en avec l’Enseignant Principal du Dharma qui vous aidera, ou arrangera probablement une rencontre avec la personne qui mène la retraite. L’Enseignant Principal du Dharma, et parfois des étudiants de longue date marchent avec le bâton pendant le temps de l’assise, afin d’aider tout le monde à rester éveillé et alerte. Quelqu’un qui dort ou somnole peut être frappé légèrement par deux fois sur les épaules à l’aide du bâton, -pas à proximité de la colonne vertébrale. Vous pouvez aussi demander à être frappé en levant vos mains en hapchang. Cette démarche est expliquée durant l’introduction à la retraite. La personne qui porte le bâton corrige aussi la posture et la position des mains, le maha mudra.
SILENCE Pendant Yong Maeng Jong Jin nous restons silencieux dans toute la maison. Si vous avez besoin de communiquer au sujet de la pratique formelle ou du travail, écrivez sur un papier ; des feuilles et des stylos sont disponibles sur plusieurs tables de la maison.
REPAS Assistez à tous les repas même si vous jeûnez. Les repas font partie de la pratique formelle et sont consommés en silence dans le style traditionnel du temple, c’est-à-dire avec quatre bols. Les repas en silence signifient aussi que l’on doit manipuler les bols et les ustensiles avec précaution. On vous assignera un set de bols. Le début de chaque repas est signalé par le son du moktak ; Lorsque vous l’entendez, rendez-vous dans le lieu où sont pris les repas. Vous pouvez consommer du thé ou du jus de fruit à chaque repas à la place de la nourriture. Si vous mangez, s’il vous plaît ne prenez pas de jus de fruit. Lorsque vous êtes familiers avec la marche à suivre pour servir, alors s’il vous plaît, aidez à faire le service. Des baguettes sur un bol signifient qu’il ne faut pas servir de nourriture dans ce bol. On vous assignera des tâches relatives au nettoyage de la cuisine pendant votre retraite ; tout le monde aide au nettoyage. Si vous ne savez pas très précisemment ce que vous devez faire dans la cuisine, demandez au Maître de Cuisine. Du thé est disponible dans la cuisine ou à un autre endroit durant les pauses.
CAUSERIE SUR LE DHARMA Il y a généralement une causerie sur le Dharma au milieu de chaque retraite d’une durée de trois jours ou plus. Un étudiant parle de son expérience de la pratique et des retraites pendant dix ou vingt minutes, puis, l’enseignant qui dirige la retraite répond aux questions. L’assise se poursuit après une courte pause. Pendant les retraites importantes, il se pourrait qu’on vous demande de dormir dans la Salle du Dharma. S’il vous plaît placez votre tête en direction du Bouddha.
TEMPS DE TRAVAIL Chaque jour on vous assigne du travail. Le début et la fin du temps de travail est signalé par une cloche. Le temps de travail fait partie de la pratique formelle, s’il vous plaît remplissez votre tâche consciencieusement. Si vous avez terminé avant la fin du temps de travail, voyez le Maître de Maison afin que tout le temps de travail soit utilisé.
FIN DE LA RETRAITE Les retraite se terminent par une table ronde qui a lieu vers 15 :40, et est suivie d’un rassemblement informel ou goûter. Ce rassemblement se termine généralement vers 17 :00.
Dans l’Ecole Kwan Um nous utilisons quatre formes de pratique Zen.
LES PROSTERNATIONS Pour le pratiquant la journée commence avec 108 prosternations. Dans la tradition coréenne, le chiffre 108 correspond au nombre de Bouddhas et de Bodhisattvas. Une autre explication avance que l’être humain aurait 108 sortes d’illusions et que l’on se prosternerait devant chacune d’entre elle pour les trancher. Plus généralement, il est enseigné que l’on ne se prosterne pas devant bouddha, mais devant soi-même. Notre petit "je" (égo) se prosterne devant le grand "Je" (unité de moi et de tout), jusqu’à disparaître.
LES CHANTS Il existe trois types de chants : les prières destinées au bienfait de tous les êtres, les soutras et les mantras. Les paroles, sauf celles des mantras, sont une translittération, avec une prononciation des mots chinois en coréen. Sur le plan phonétique, chaque son a une signification complète qui peut pénétrer la conscience. C’est pourquoi les chants sont chantés comme des mantras, pour l’efficacité de leur sonorité. Parallèlement des enseignements expliquent la signification des paroles pour que leurs sens fassent aussi écho dans l’esprit et nous aident à approfondir la pratique.
LA MEDITATION ASSISE Habituellement d’une durée d’une demi-heure, elle est pratiquée matin et soir. Une posture classique- jambes croisées, dos droit, yeux mi-clos, mains en mudra, et respiration consciente- est enseignée. Dans la tradition Chogye, la méditation n’est pas dépendante en premier lieu de la tenue du corps, mais de celle de l’esprit. Au cours de cette assise, le pratiquant pose sans arrêt la question "Que suis-je ?". Devant l’importance de cette question, la pensée s’arrête et "Ne sait pas" apparaît. "Ne sait pas" est le nom de l’esprit avant la pensée. On peut appeler ça l’esprit, le Bouddha, la nature, l’absolu, la sainteté, l’énergie ou la conscience, mais à l’origine ce point n’a ni nom ni forme. Trancher toute pensée et retourner à l’esprit "Ne-sait-pas", permet au pratiquant de revenir à son être originel.
Comment puis-je aider ?(Un Enseignement de Maître Seung Sahn) Le ciel est bleu. L’arbre est vert. Le chien aboie " wouf, wouf ". Le sucre est sucré. Quand tu vois, quand tu entends, quand tu sens, quand tu goûtes, quand tu touches, quand tu penses, tout, tel quel, est complet. Il n’y a pas de sujet ni d’objet à ce moment-là. Tout devient un. Situation correcte, relation correcte, et fonction correcte deviennent alors claires. Quand quelqu’un a faim, tu lui donnes à manger. Quand quelqu’un a soif, tu lui donnes à boire. Quand ton esprit est clair, il peut fonctionner pour aider les autres. Ceci est le Grand Amour, la Grande Compassion, la Grande Voie du Bodhisattva. Quand nous voyons une personne qui souffre, ou que nous entendons que quelqu’un souffre, notre compassion se connecte immédiatement et veut aider.
LES KONG-ANS (Questions/réponses avec le Maître) Lors des retraites et une fois par mois, l’étudiant de Zen a des entretiens de kong-ans avec l’enseignant. "Que suis-je ?" est considéré être le kong-an originel. L’Ecole Chogye utilise par ailleurs une collection de 1700 autres kong-ans provenant des traditions indiennes, chinoises, coréennes et japonaises. Les questions soulevées par le kong-an amènent l’esprit à être plus attentif à la méditation et aux activités journalières. Comme dit un enseignant de l’Ecole Kwan Um " Comme un poids au bout d’une ligne de pêche peut aider l’hameçon à tomber profondément dans l’océan, un kong-an peut guider l’esprit vers une vision plus profonde, vers des endroits qui sont souvent difficiles d’accès sans une direction persistante".
PROGRAMME
Samedi
9h - Introduction / période de travail
10h - Lecture des règles du temple
10h10 - Chant de la Cloche du Matin et chants quotidiens
11h - Méditation (3 fois 30 minutes)
13h - Déjeuner
14h30 - 108 Prosternations
15h00 - Méditation (3 fois 30 minutes)
17h - Dîner
18h30 - Chants spéciaux
19h00 - Chants quotidiens
19h30 - Méditation 3×30 minutes
21h20 - Deux sutras
21h30 - Le silence de la nuit
Dimanche
5h30 - Réveil
5h50 - 108 Prosternations
6h20 - Méditation 2 fois 30 minutes
7h30 - Chant de la cloche du Matin et chants quotidiens
8h30 - Petit déjeuner
9h à 10h - Temps de travail
10h30 - Méditation 3 fois 30 minutes
12h30 - Déjeuner
13h30 - Méditation 3 fois 30 minutes
15h20 - Deux sutras
15h30 - Le cercle Zen de clôture
Dimanche, lundi, mardi, mercredi (*), jeudi et vendredi
5 :15 Réveil
5 :30 108 Prosternations
6 :00 Méditation (2*30mn)
7 :10 Chant de la cloche du matin et chants quotidients
8 :00 Petit déjeuner
9 :00 Période de travail
10 :20 Pause
11 :00 Méditation (3*30mn)
13 :00 Déjeuner
14 :30 108 Prosternations
15 :00 Méditation (3*30mn)
17 :00 Souper
18 :30 Chants spéciaux
19 :00 Chants quotidiens
19 :30 Méditation (3*30mn)
21 :20 Deux soutras
22 :00 Silence
(*)Le mercredi à 14h30 aura lieu un enseignement/causerie de Dharma au lieu des assises du début de l’apres midi.
Samedi (9 décembre 2006)
5 :15 Réveil
5 :30 108 Prosternations
6 :00 Méditation (2*30mn)
7 :10 Chant de la cloche du matin et chants quotidients
8 :00 Cercle de clôture - collation.