Design et sculpture zen

Philippe Calés

Un artiste, une bien belle rencontre !

Dans les inspirantes terres du Périgord, un homme entier, sincère, travaille la terre, sculpte l’improbable, l’ironie, la dérision, avec cette joie et ce bonheur qui l’emplissent et qu’il communique. Il y expose aussi ses terres cuites modelées (faïence avec engobes, oxydes, colorants cuits à 1000 °), ses sculptures par assemblage pour les extérieurs.

On ne se cache pas derrière une sculpture, c’est le contraire, on se met à nu

zen design bambousRencontrer ce céramiste, sculpteur plasticien, c’est un peu comme une belle aventure au pays de la sagesse, de la joie, de la simplicité, traduits par une expression artistique d’une grande sensibilité. Artiste sans chichi ni paraître, la création est pour lui essentielle, non pour faire, non pour montrer ou démontrer, mais parce qu’elle est l’expression humble et sincère d’une partie de lui, « une émotion ou un état d’esprit d’un instant (…) un acte joyeux et enivrant ou douloureux selon la gestation et son accouchement ». Né artiste ? Sûrement ! Autodidacte, Philippe Calés est envouté et amoureux des arts depuis son adolescence, cinéma d’abord, puis arts plastiques, et « l’idée de faire des sculptures a fait son chemin avec force, puissance, sérénité, enthousiasme.

Passer de spectateur à acteur s’est fait naturellement sans effort. J’ai pris un morceau de terre destiné à mes enfants, j’en ai sorti trois pièces qui me semblaient correctes. Surtout je m’étais senti bien dans cet exercice. C’était lancé », nous dit ainsi l’artiste. Et voilà que depuis bientôt 20 ans il modèle la terre, et depuis quatre ans expose collectivement « Avec mes collègues locaux nous avons créé une association pour organiser des expositions à Cadouin, village en Périgord Noir classé au patrimoine de l’Unesco, célèbre notamment pour son abbaye ». Limeuil, Couze, Monbazillac… Voilà d’autres beaux villages où il expose, aussi. »

Mettre en avant ce qui est caché mais ne pas juger. Être sévère parfois mais jamais méchant »
«Mes pièces sont ni décoratives ni spectaculaires ni dans le beau »… Ça, c’est vous qui le dites, Monsieur Calés! Car vos œuvres parlent. Comment pourrait-il en être autrement. Elles sont l’expression esthétique, émotionnelle et vivante de votre vision du monde, de la société et des gens, d’un « vous » discrètement présent, « le côté obscur de la ‘bête », ses démons, ses blocages, ses angoissés ». Caractère et personnalité sont rendus avec humour, au travers d’attitude, de postures ou grimaces.

Dans l’étonnant jardin de Planbuisson (24480 Le Buisson), classé jardin remarquable, Philippe Calés expose, au milieu de superbes collections de bambous et graminées à voir, des créations insolites, décalées, oniriques, où l’improbable n’a d’égal que la dérision (bambou, bois, tissus, papier). Nœuds papillons colorés pour noble bambou, tunnel mouvant presque virtuel de tiges infléchies, ombrelles pour abriter des secrets d’Extrême-Orient, ici les œuvres jouent avec la lumière, « utilisent le jardin comme décor, servent ce lieu peuplé de mille esprits.

Il fallait respecter le travail du jardinier, la philosophie de son créateur, ne pas abimer les plantes, ne pas choquer le public et dans le même temps être drôle fantasque surprenant et un peu iconoclaste ».